L’ex-président Prosper Avril , détenu depuis mai 2001 , sera fixé sur son sort dans 15 jours

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La Cour d’Appel a auditionné, le jeudi 14 mars 2002, l’ancien président du gouvernement militaire Prosper Avril accusé de torture par l’un des prisonniers de la Toussaint, Marino Etienne. Lors de cette séance au Palais de Justice de Port-au-Prince , les avocats de l’ancien général et l’accusé en personne ont dénoncé le caractère “injuste” de l’ordonnance de renvoi au Tribunal Criminel rendu par le juge Josua Agnant contre le prévenu, le 21 janvier dernier. Dans l’exposé des faits de l’ancien président, il a été demandé aux magistrats de la Cour d’Appel d’infirmer l’ordonnance du juge Agnant pour défaut de fondement et vices de forme. La partie défendresse représentée par les avocats Rigaud Duplan, Reynold Georges et Emmanuel Clairsaint, estime que le magistrat a violé la loi en maintenant en détention M. Avril . Affiches, photos, slogans et coupures de journaux acollés à son costume, le plaignant, Marino Etienne, persiste et signe. M. Etienne rappelle qu’il a été torturé par des membres de l’ancienne force armée d’Haïti aux ordres du général Avril. La partie plaignante qui avait intenté, en 1993 ,une première action en justice à Miami contre l’ancien officier des FADH, demande à la Cour d’Appel d’appliquer le verdict de ce jugement condamnant M. Avril à lui verser 120 millions de dollars américains de dommages et intérêts. Marino Etienne , Evans Paul et Jean Auguste Mèzyeux avaient été arrêtés lors de la Toussaint en novembre 1989 et montrés à la télévision nationale le visage tuméfié . Evens Paul et Serge Gilles , maltraités sous le règne de M. Avril ( Septembre 1988- Mars 1990), ont refusé de renouveler leur plainte contre l’ancien dirigeant militaire se contentant, disent-ils , des excuses publiques de l’ex-président. A l’instar du plaignant Marino Etienne , l’accusé Prosper Avril déclare avoir pleinement confiance dans la justice haïtienne. Le général Avril dit attendre l’arrêt de la Cour d’Appel prévu dans une quinzaine de jours. Le 26 mai 2001, des policiers masqués lourdement armés ont procédé à l’ arrestation de M. Avril au moment où il procédait à la vente signature de son livre traitant de l’insécurité en Haïti dans un restaurant à Pétion-Ville . Selon M. Avril, ces agents de la Police Nationale d’Haiti (PNH) exécutaient un mandat d’amener du Parquet du Tribunal Civil de Port-au-Prince datant du 26 mars 1996 pour complot contre la sûreté de l’Etat. Suite à sa comparution par devant le Parquet , une action en habeas corpus a été introduite par devant le Tribunal Civil de Port-au-Prince qui se déclara incompétent. Dans l’intervalle, Marino Etienne, l’un des prisonniers de la Toussaint, porta plainte. Le dossier est confié au juge d’instruction Josua Agnant.L’affaire fut alors portée par devant la Cour d’Appel qui ordonna la libération de M. Avril. L’ex-président du gouvernement militaire est toujours en détention .

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