Manifestation à Port-au-Prince pour dénoncer le salaire minimum à 225 gourdes

137

Des organisations syndicales ont annoncé une manifestation à Port-au-Prince ce jeudi 1er mai à l’occasion de la fête du travail, pour dénoncer la décision du gouvernement de fixer à 225 gourdes le salaire minimum dans les industries de sous-traitance. La manifestation débutera devant les locaux de la SONAPI sur la route de l’aéroport pour prendre fin au champ-de-mars avec plusieurs escales notamment devant le ministère des affaires sociales et du travail. « Cette marche pacifique sera également l’occasion d’appuyer le mouvement des employés de l’ONA qui réclament depuis plus d’un mois, la mise à pied du directeur général de la boite, Bernard Desgraff », a fait savoir Pierre Télémarque, coordonnateur du syndicat des ouvriers du textile. Camille Charlmers de la PAPDA, se dit favorable à l’ensemble des mobilisations visant à forcer le gouvernement à réviser à la hausse le salaire des enseignants qui réclament 50.000 gourdes le mois et des ouvriers de la sous-traitance qui demandent 500 gourdes pour une journée de travail. Selon M. Charlmers, l’arrêté du 16 avril fixant à 225 gourdes le salaire minimum dans les industries du textile ne tient aucunement compte des dispositions de la loi sur le salaire minimum qui accordait un salaire de base de 300 gourdes aux ouvriers du secteur depuis octobre 2012. « Le coût de la vie ne cesse d’augmenter et l’insécurité alimentaire qui sévit dans plusieurs régions est plus qu’inquiétante », dit-il. Steven Benoit, a dénoncé l’arrêté fixant le salaire minimum à 225 gourdes. Il s’agit, selon lui, d’une nouvelle violation flagrante de la constitution et du code du travail qui, en ses articles 136 et 137, stipule que les salaires minimums sont fixés par la loi sur proposition du Conseil Supérieur des Salaires (CSS). Aucune proposition au Parlement n’a été soumise au Parlement, dit le sénateur. « Je ne reconnais pas l’arrêté du 16 avril », a déclaré le sénateur Benoit invitant la population à l’ignorer, parce que « inconstitutionnel et n’ayant pas été sanctionné par le parlement ». Soulignant que l’arrêté du 16 avril ne saurait remplacer la loi sur le salaire minimum, le sénateur de l’Ouest informe que Laurent Lamothe et Charles Jean-Jacques, respectivement Premier ministre et Ministre des Affaires sociales et du travail seront prochainement invités au Sénat afin de faire la lumière sur cette question. Jean-Dany Pierre François, représentant du secteur patronal au Conseil supérieur des salaires (CSS), avait affirmé récemment que ce n’est pas par mauvaise foi, que le salaire minimum n’a pas été ajusté à la hauteur des espérances des ouvriers, mais par souci de conserver la compétitivité des entreprises du secteur. MJ/ Radio Métropole