Mission de l’OEA : Echec ou Pas ?

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La deuxième mission de l’Organisation des Etats Américains (OEA) n’a pas permis de mettre face à face les protagonistes ; le numéro deux de l’organisation régionale, qui dirigeait cette mission, reconnaît la complexité de la situation mais évite de parler d’échec. Luigi Enaudi dit noter la volonté des responsables de Fanmi Lavalas et ceux de l’opposition de dialoguer. M. Enaudi, qui a laissé le pays le vendredi 29 septembre après une semaine d’intenses discussions, n’a pas avancé de date pour son retour, et croit qu’une nouvelle mission dépendra des acteurs de la crise et du conseil permanent de l’Organisation des Etats Américains. M. Enaudi qui doit se rendre le mardi 3 octobre à Washington, au siège de l’OEA, est parti avec l’espoir que les parties se rencontrent, dans la mesure ou elles ont manifesté le désir de dialoguer. La mission de bons offices de l’OEA a pris fin sans grands résultats, sauf qu’elle a permis a Luigi Enaudi de se faire une idée de l’ampleur de la crise post-électorale ; peut-on parler d’échec ? Echec de l’OEA dans la mesure où les intéressés ne s’attendaient pas à la résolution de la crise par un « étranger », comme c’était le cas le 19 septembre 1994. D’ailleurs on le savait, surtout que M. Enaudi avait au préalable avertit qu’il allait pas imposer une solution aux haïtiens. Et de plus, ce qu’on doit se rappeler, l’organisation des Etats Américains n’avait pas pris l’initiative de son propre chef, c’est le gouvernement haïtien qui avait invité une mission de l’OEA à venir jouer ce rôle ; c’est sûr que leur marge de manoeuvre allait être limitée. Comme note positive, on aura remarqué que l’émissaire de l’OEA est reparti avec de meilleures impressions car l’ambassadeur américain estime avoir constaté une volonté de la part des protagonistes de s’asseoir, mais pourquoi cette rencontre ne s’est jamais faite ? on n’en sait pas trop. De tout évidence, M. Enaudi semble s’être rendu compte de son incapacité à réunir les partis concernés, peut-être par faute de temps. Mais il croit toutefois que l’espoir n’est pas perdu et il entend revenir.

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