Nomination par l’ONU d’un enquêteur indépendant sur la situation des droits de l’homme en haiti

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Le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) , Koffi Annan , a nommé le juriste français , Louis Joinet , pour enquêter sur la situation des droits humains en Haiti, selon une dépêche de l’Agence France Presse (AFP) en date du 26 mars 2002 . Cette décision a été adoptée par la Commission des droits de l’homme de l’ONU en Avril 2001 au cours de sa dernière session où la situation des droits de l’homme en Haiti a été jugée préoccupante de même que la persistance de l’impasse politique . M. Joinet, nommé expert indépendant pour évaluer la situation sur le terrain , est un magistrat de formation qui a travaillé au sein du groupe de travail de l’ONU sur les arrestations arbitraires . Pendant ce temps , un nouvel atelier de travail sur la situation des droits l’homme en Haïti a été organisé à l’hôtel Montana, le mardi 26 mars 2002. Les défenseurs des droits humains ont répondu en grand nombre à l’invitation de l’Institut Supérieur de Formation Politique et Sociale( ISPOS). Les acteurs impliqués dans cette dynamique cherchent à améliorer la situation des droits de la personne. Ces derniers jours, les organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme n’ont de cesse dénoncé les violations dont sont l’objet différents secteurs de la population. Madame Florence Elie, responsable de l’office du protecteur du citoyen, l’un des principaux concernés par les atteintes aux droits des haïtiens, reconnait que la justice est gravement malade. “On n’applique pas les règles de droit en Haïti” , renchérit Jean Lhérisson, défenseur des droits humains, pour expliquer la détérioration de la situation. De plus, fait-il remarquer, la législation haïtienne est très ancienne et n’évolue pas avec le temps. Elle est prisonnière de notre mentalité moribonde. L’intelligentsia haïtienne devrait intervenir pour jouer son rôle dans le processus du changement. Jean Lhérisson se montre très inquièt face à la dérive en matière de respect des droits de l’homme en Haïti. “La situation est plus qu’inquiète, elle semble continuer à se déteriorer” , de l’avis de Marie Laurence Jocelyn Lassègue. Selon la dirigeante de l’organisation féministe “Fanm yo La” , un nombre important de femmes n’ont pas accès aux soins de santé, à l’éducation, à l’alimentation, au logement. Ces besoins ne sont pas satisfaits alors que l’Etat devrait les prendre en compte, ceci représente une violation grave des droits de la femme, soutient Madame Lassègue. La responsable de Fanm Yo La dénonce également les conditions socio-économiques des femmes. Le colloque de l’ISPOS devrait initier une réflexion profonde autour de la problématique des droits humains en Haïti dans la perspective d’une amélioration. L’IPSOS s’attend que les propositions formulées par les différents participants à l’issue de cette rencontre soient prises en compte par les instances concernées. L’organisation dit espérer qu’au prochain atelier de travail il sera plutôt question des progrès réalisés dans la lutte pour le respect des droits de la personne en Haïti.

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