Nouvelle prise de position d’un haut responsable américain sur l’absence de progrès en Haïti

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L’adjoint du sous-secrétaire d’Etat pour les Amériques , Lino Guttierez , a exprimé sa déception face à l’absence de progrès réalisés en Haiti depuis le retour au pouvoir de Jean Bertrand Aristide en octobre 1994. M. Guttierez a invité le chef de l’Etat à entreprendre dans l’immédiat des réformes pour sortir Haïti de son isolement. Deux (2) semaines auparavant , le secrétaire d’Etat américain Colin Powell avait produit les mêmes remarques en se disant déçu face à la mauvaise performance de Lavalas. Ce jeudi 23 mai 2002, Lino Guttierez a repris les propos de M. Powel avec évidemment beaucoup plus de vigueur. “On ne peut cacher sa déception que près de huit (8) ans après le retour d’un gouvernement élu, Haïti ait fait si peu de progrès”, déclare-t-il avant de rappeler qu’Haïti est l’un des premiers bénéficiaires de l’aide américaine dans le monde après avoir reçu près de 300 millions de dollars d’aide humanitaire ces quatre (4) dernières années. Lino Guttierez exhorte les dirigeants politiques haïtiens et en premier lieu le président Aristide à entreprendre “immédiatement” des réformes pour mettre un terme à l’isolement croissant du pays. L’adjoint du sous secrétaire d’Etat pour les Amériques a appelé le président Aristide à matérialiser ses promesses en termes de démocratisation. Le responsable américain appelle aussi l’Opposition à jouer sa partition dans le processus de dénouement de la crise politique vieille de plus de deux ans. S’exprimant devant la conférence du dialogue interaméricain, Lino Guttierez souligne que les Etats-Unis attendent un engagement beaucoup plus important pour renforcer les principes de base de la démocratie et les efforts pour résoudre l’impasse politique. Sinon, l’aide américaine directe resterait gelée tant que des réformes ne seraient pas mises en oeuvre , soutient le responsable américain. Au cours de leurs dernières interventions publiques, le président de la République et le parti au pouvoir ont exprimé le désir de résoudre la crise au plus vite . La Fanmi Lavalas par la voix de son porte-parole a.i. Jonas Petit avait rappelé les sacrifices consentis tandis que Jean Bertrand Aristide se disait prêt à participer physiquement aux prochaines discussions de sortie de crise. Il allait un peu plus tard qualifié de génocidaire l’attitude de ceux qui veulent maintenir le pays dans la crise. L’Opposition quant à elle ne fait pas la sourde oreille mais dit souhaiter que Lavalas passe de la parole aux actes.

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