Plusieurs milliers d’ haïtiens déjà rapatriés de la République Dominicaine pour cette année

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Plus de 60 mille sans papiers pourraient être rapatriés en Haïti par les autorités de la République Dominicaine, d’ici la fin de l’année 2005, suivant les projections faites à partir des statistiques officielles disponibles dans la capitale hispanophone de l’île.Plus de 15 mille ressortissants haïtiens ont été expulsés vers le territoire francophone de janvier à mars 2005, indique la Direction Générale de la Migration dominicaine. Pour les dix premiers jours du mois d’avril de cette année, environ 3 mille immigrants de nationalité haïtienne ont été déjà rapatriés, a révélé une source militaire à la rédaction d’AlterPresse à Santo Domingo.Les opérations de rapatriements ont lieu du lundi au vendredi aux différents postes frontaliers entre les deux pays, sans la présence d’autorités haïtiennes pour accueillir les migrants, des travailleurs saisonniers pour la plupart.La Migration dominicaine décide des rapatriements de concert avec les Forces Armées Nationales dominicaines, qui procèdent aux arrestations dans les propriétés agricoles et dans les chantiers de construction à l’intérieur du pays voisin d’Haïti.Les rapatriements d’Haïtiennes et d’Haïtiens du territoire dominicain feraient partie de ce que l’Armée dominicaine appelle « Operacion Vaquero » (littéralement « Opération Vachère »), selon laquelle il faut coûte que coûte exercer un contrôle sur la frontière dominico-haïtienne.“Les postes frontaliers ont été renforcés, les contrôles redoublés et la pénétration massive de sans papiers qui existait auparavant a été réduite”, ont affirmé Carlos Amarante Baret et le Major Général José Ricardo Estrella Fernández, respectivement directeur de la Migration et chef de l’Armée domininicaines, en guise d’explication sur la détermination des autorités voisines à contrôler “la pénétration massive de ressortissants haïtiens”. Les contrôles “méticuleux” cherchent à éviter le déplacement des sans papiers haïtiennes et haïtiens, ont-ils ajouté. Par exemple, le directeur de la Migration dominicaine et le chef militaire de la république voisine ont été personnellement inspecter les postes frontaliers afin de vérifier l’application des mesures prises pour contrôler l’entrée de ressortissants haïtiens en République Dominicaine, ont renchéri ces responsables dominicains au cours d’une visite-éclair effectuée au poste frontalier d’Anse-à-Pitres / Pedernales (Sud-Est d’Haïti), où ils ont rennouvelé aux fonctionnaires et soldats dominicains les mêmes instructions de “préserver la frontière et d’y prévenir infailliblement l’entrée massive d’Haïtiens sans papiers”. « Nous avons établi un contrôle dans tous les sens à la frontière, pour empêcher le trafic de sans papiers, le trafic de drogues, armes à feu et de de tout ce qui a rapport avec la contrebande”, a manifesté le Major Général Estrella Fernandez au terme de la visite-éclair au poste frontalier.“C’est pour cette raison que nous cherchons à protéger la dentelle frontalière, dans les limites des intérêts de la nation”, a-t-il soutenu.Quelle institution procède le plus aux rapatriements : l’Armée Nationalee ou la Direction de la Migration ?Une donnée fournie par le chef de l’Armée Nationale dominicaine à Pedernales est la dualité de fonctions en relation à l’institution qui entreprend le plus les opérations de rapatriement.« De janvier à mars 2005, l’Armée Nationale a rapatrié sept mille (7,000) ressortissants haïtiens ayant foulé le sol dominicain de manière illégale. Entre-temps, la Migration dominicaine a renvoyé huit mille (8,000) autres », selon une information recueillie par un journal dominicain à circulation nationale citant le responsable militaire.La Migration dominicaine ne dispose pas de statistiques claires sur les sans papiers haïtiens qui vivent ici, mais il faut réaliser une cueillette des données, a pour sa part avancé Carlos Amarante Baret, en tant que Directeur de la Migration dominicaine.“Ma visite aux postes frontaliers du Sud en compagnie du chef de l’Armée démontre la collaboration existant entre nos deux institutions pour contrôler la migration par la frontière, a fait savoir Amarante Baret. De teles dispositions sont adoptées en République Dominicaine, au moment où l’amabassadeur dominicain accrédité en Haiti, Jose Serulle Ramia, vient d’annoncer la mise en branle prochaine d’un vaste programme d’activités écotouristiques entre les deux pays. Parallèlement, les taxes formelles et informelles prélevées n’ont pas cessé d’augmenter sur le dos des voyageurs, à qui le consulat dominicain refuse toujours de délivrer un reçu de paiement pour le visa apposé sur leurs passeports. Source: AlterPresse

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