Première comparution devant la justice américaine pour « Yonyon »

862

Accusé de complot en vue de violer les lois américaines sur le contrôle des exportations, voire de violation de ces lois, de contrebande et de blanchiment d’argent, Germine Joly, 29 ans, chef historique des 400 mawozo, a comparu devant le juge d’instruction Robin M. Meriweather le 4 mai 2022, après son transfert aux États-Unis sur la base du mandat d’arrêt émis par un tribunal du district de Columbia.

Suivant l’acte d’accusation rendu public par le Département de la Justice, Germine Joly dit Yonyon a conspiré, de septembre à novembre 2021, avec Eliande Tunis, Jocelyn Dor et Walder Saint-Louis pour acquérir et fournir des armes à feu et des munitions aux membres du gang des 400 Mawozo opérant notamment dans la commune de la Croix-des-bouquets.

Incarcéré en Haïti depuis 2018, Yonyon dirigeait les opérations criminelles du gang 400 Mawozo depuis sa cellule en utilisant des téléphones portables non surveillés, révèle l’acte d’accusation. Selon ce document, Eliande Tunis, Jocelyn Dor et Walder Saint-Louis ont obtenu de Germine Joly des spécifications pour les armes et les munitions que le gang des 400 mawozo souhaitait recevoir en Haïti.

Résidant tous en Floride, ils ont acheté des fusils, des pistolets et des armes de poing, tout en déclarant qu’ils étaient leurs « véritables acheteurs ». Ils ont ensuite fait passer clandestinement les armes à feu et les munitions en Haïti, en les dissimulant dans des conteneurs d’expédition, toujours selon l’acte d’accusation.

Contrairement aux trois autres complices appréhendés en Floride en octobre et novembre 2021 et qui attendent leur procès après avoir plaidé non coupable, Germine Joly alias Yonyon, chef des 400 Mawozo, a été placé en détention dans l’attente de nouvelles procédures judiciaires, selon un communiqué du Département de la Justice.

A rappeler que le gang des 400 Mawozo a revendiqué l’enlèvement de 16 citoyens américains, dont cinq enfants, et d’un citoyen canadien qui faisaient partie d’une organisation missionnaire visitant un orphelinat à Port-au-Prince, en Haïti, à l’automne 2021. L’enlèvement des citoyens américains demeure l’objet d’une enquête et aucune plainte n’a été déposée pour ce crime.

Marvens Pierre/Radio Métropole