Réunion spéciale de l’OEA sur Haiti : la Charte Démocratique sera-t-elle évoquée ?

92

La crise politique haitienne vieille de plus de trente-cinq (35) mois est l’objet d’une réunion spéciale du Conseil Permanent de l’Organisation des Etats Américains (OEA) , ce mercredi 30 avril 2003. Cette décision a été prise lors d’une rencontre à Miami, le 12 avril dernier , entre les membres de la Délégation Internationale du Haut Niveau qui avait accordé au Pouvoir jusqu’au 30 mars pour appliquer les points essentiels de la Résolution 822. Parmi ces points, il faut relever l’arrestation des auteurs des violences du 17 décembre 2001 et le démantèlement des bandes armées. Au cours de cette réunion, les participants se sont déclarés déçus de la performance du Pouvoir. Les représentants de l’administration américaine avaient même fait état de la possibilité d’appliquer la Charte Démocratique sanctionnant tout Etat en Amérique où la démocratie est menacée. L’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’OEA, Roger Noriega , a peut-être annoncé les couleurs . A l’occasion d’une conférence au Conseil des Amériques ,le lundi 28 avril, sur les bénéfices de la solidarité hémisphérique , M. Noriega a indiqué que le régime Aristide avait failli dans la mise en oeuvre des recommandations de l’OEA . Le diplomate qui faisait part de l’importance de la Charte Interaméricaine dans le renforcement de la démocratie a déclaré que les Etats-Unis ne pouvaient continuer à entretenir des relations normales avec un gouvernement qui défie la volonté de la communauté hémisphérique et qui a laissé le peuple haitien sans un leadership démocratique et responsable. Commentant la situation au Vénézuela et en Haiti, Roger Noriega a précisé qu’il faut travailler pour trouver une solution pacifique et démocratique à l’impasse . Selon le représentant américain , le président Chavez et le président Aristide ont chacun à sa façon contribuer volontairement à créer un environnement de confrontation et de polarisation . La réunion du jour s’annoncerait donc décisive car l’organisation régionale devrait changer de stratégie , accorder un nouveau délai au Pouvoir pour la mise en place du Conseil Electoral Provisoire (CEP) ou transférer le dossier à l’Organistion des Nations-Unies (ONU). En tout cas, la rencontre de ce mercredi devrait apporter quelques enseignements sur la volonté de la communauté internationale de mettre fin à l’impasse née des élections législatives et locales du 21 mai 2000.