Pour et contre l’application de la Charte Démocratique en Haiti

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La présidence ne voit pas de raison pour l’Organisation des Etats Américains (OEA) d’évoquer la Charte Démocratique à l’occasion de la réunion spéciale du Conseil Permanent de ce mercredi 30 avril 2003. L’Exécutif soutient qu’il a travaillé dans le sens des recommandations de la communauté internationale. L’un des porte-parole de la présidence, Hendell Carré, dit espérer que l’OEA permette la normalisation de la situation d’Haiti sur le plan de la coopération fiancière . Pour le docteur Carré, l’OEA doit aboutir à la conclusion que les sanctions internationales contre le pays doivent être levées. Pour sa part, le sénateur Lavalas,Yvon Feuillé, dénonce la position de l’Organisation Régionale qui, selon lui, aborde le dossier de l’application de la Résolution 822 dans l’intérêt de l’Opposition. Selon le parlementaire, le parti au Pouvoir a déjà joué sa partition dans la mise en oeuvre de la 822. De son côté, le sénateur contesté Prince Pierre Sonson dit craindre que l’organisation n’adopte une décision dans le sens de la persistance de la crise. Au niveau de l’Opposition , le ton est à la fermeté . La Convergence Démocratique a remis un document, le vendredi 25 avril , au chef de la Mission Spéciale de l’OEA en Haiti, David Lee, dans lequel elle exprime son refus de participer aux élections avec Jean Bertrand Aristide au Pouvoir. Dans la lignée, le Mouvement Patriotique pour le Sauvetage Nationale (MPSN) demande à l’OEA d’évoquer la Charte Démocratique sanctionnant tout Etat de l’Amérique où la démocratie est menacée. Le MPSN, membre de la Convergence Démocratique , soutient que l’Organisation Hémisphérique doit constater l’échec du Pouvoir Lavalas dans l’application de la Résolution 822. De son côté, la Société Civile maintient sa position . Les conditions ne sont pas réunies par Lavalas pour le lancement d’un processus électoral crédible. L’Initiative de la Société Civile (ISC) par la voix de son directeur exécutif , Rosny Desroches, espère une position ferme de l’OEA à travers une référence à la Charte Interaméricaine . Le professeur Desroches souhaite que les pays de la CARICOM rejoignent la position du gouvernement américain dénoncant le laxisme des autorités haitiennes dans l’application des résolutions de l’OEA.