30.3 C
Haïti
17:10

Un expert qualifie d’injustes les accusations contre les banques haïtiennes 

L’économiste et analyste financier, M. William Savary, s’insurge contre le rapport du groupe d’experts des nations unies accusant le système bancaire haïtien d’implication dans le blanchiment d’argent. Il s’agit d’accusations injustes et terribles, a réagi M. Savary prédisant de graves conséquences pour le système bancaire haïtien.

Il exhorte les autorités monétaires haïtiennes et les responsables de l’association des Professionnels de Banques (APB) à adresser ce dossier avec beaucoup de sérieux. M. Savary s’indigne que les experts onusiens aient généralisé à l’ensemble du système bancaire certains cas de blanchiment orchestrés par des directeurs de succursales.

Il reconnaît que certains directeurs de succursales peuvent agir en complicité avec les gangs et à l’encontre de l’intérêt du système bancaire. Il faut une réaction des responsables de la Banque de la République d’Haïti (BRH) et de l’APB, insiste M. Savary faisant valoir que ces accusations font peser de graves menaces sur le système bancaire haïtien. Il y a risque d’isolement du pays, a t-il laissé entendre.

Les banques internationales refuseront d’avoir une banque haïtienne comme banque correspondante, afin de ne pas être l’objet de sanctions des institutions financières internationales. L’Analyste financier révèle que déjà de nombreuses banques étrangères ont cessé de faire des affaires avec des banques haïtiennes. Il appelle à une réaction rapide des autorités monétaires haïtiennes notant que les mêmes accusations contre le système bancaire avaient été évoqués dans les précédents rapport du groupe d’experts de l’ONU.

Approche de contestation

M. Savary certifie que les responsables de la BRH et de l’APB peuvent contester formellement le rapport. La BRH peut adresser une correspondance pour rejeter les accusations du rapport et montrer qu’elle dispose de garde-fous pour empêcher le blanchiment.

Au sein de la BRH un organe est spécialisé dans la lutte contre le blanchiment. De son côté l’APB peut protester contre les accusations et faire valoir des dispositions en vigueur permettant de combattre le blanchiment. M. Savary se dit confiant que les banques peuvent fournir des preuves tangibles des outils qui leur permettent de bloquer le blanchiment.

En outre il juge opportun que les l’APB fournisse des précisions sur le mécanisme mis en branle en cas d’implication d’un directeur de succursale dans le blanchiment. Par ailleurs l’économiste estime que l’APB peut intenter une action en justice contre les experts ce qui permettra de fournir les preuves des mécanismes contre le blanchiment d’argent.

La BRH et l’APB doivent adresser le rapport avec plus de sérieux cette fois ci, prévient M. Savary rappelant que le secteur bancaire haïtien est le plus rentable. Ceci est le résultat d’un travail assidu et du professionnalisme des leaders du secteur, admet M. Savary.

Renforcer la lutte contre le blanchiment 

Le blanchiment d’argent sale provenant notamment du trafic de la drogue, du trafic des organes, du trafic des armes et munitions et du kidnapping constitue l’une des priorités des institutions financières et des banques internationales. Ce blanchiment est réalisé par trois formes distinctes. Certains réseaux criminels utilisent des sociétés écrans pour faire entrer l’argent sale dans le système financier. D’autres trafiquants utilisent les placements pour blanchir l’argent sale.  

Toutefois les banques commerciales refusent d’accepter des dépôts de montant supérieur à 10 000 dollars américains sans que la provenance soit déclarée. D’autres réseaux criminels ont recours à l’intégration des fonds dans le système financier à travers des activités économiques utilisant des cash flow importants tels les restaurants, les supermarchés et les entreprises import / export.

LLM / radio Métropole Haïti 

Publicité