32.3 C
Haïti
18:15

Une réorganisation du secteur pétrolier est nécessaire, estime un membre du conseil consultatif 

M. Jacques Anderson Desroches, syndicaliste et fin connaisseur du secteur pétrolier haïtien, appelle à une réorganisation de ce marché afin de prendre en compte les nouveaux défis. M. Desroches est membre du conseil consultatif de suivi du marché pétrolier, instance étatique créée par le décret du 27 mars 2026.

Il révèle que les syndicalistes ont la semaine écoulée empêché une forte hausse des prix des hydrocarbures. Le gouvernement après d’âpres discussions a finalement accepté de fixer le tarif du galon de gazoline à 700 gourdes. Il s’agit d’une diminution de 179 gourdes par rapport au tarif proposé.

Le chef du gouvernement et le ministre des finances ont accepté de mettre en branle le mécanisme de compensation empêchant ainsi un ajustement des prix trop prononcé. M. Desroches explique que les prix ont été ramenés à leur niveau de juin parce que la majorité de la population ne peut supporter une forte hausse. Le conseil consultatif a formulé trois ajustements à la baisse et deux à la hausse. Une nouvelle évaluation du marché sera réalisée à la fin de ce mois qui devrait entraîner de nouveaux ajustements.

Les étapes d’une réforme 

M. Desroches juge que les ajustements récurrents sont néfastes pour l’économie haïtienne. Le syndicaliste poursuit son plaidoyer en vue d’une réorganisation du marché avec la construction de centres de stockage dans les régions, la constitution de réserve stratégique et la construction de raffineries.

À ses yeux les élites politiques et économiques doivent adopter les dispositions nécessaires pour cette réforme. Le syndicaliste prévient qu’on se dirige vers une catastrophe en voulant pérenniser le système actuel. Le secteur pétrolier est totalement sous contrôle des entrepreneurs haïtiens. Les compagnies locales achètent le carburant Caribbean Plats, pétrole raffiné, dans les pays de l’Amérique du Nord, de l’Amérique latine et de la Caraïbe.

De ce fait les prix des produits pétroliers en Haïti sont liés au prix de pétrole raffiné vendu par galon et non du pétrole brut vendu par baril. La différence entre les prix peut être énorme. Selon M. Desroches le baril de pétrole raffiné était à 191 dollars tandis que le prix du brut était autour de 100 dollars.

Construire des centres de stockage 

Le spécialiste presse les autorités gouvernementales haïtiennes à rechercher des partenariats avec des compagnies internationales pour la construction de raffineries. C’est cette formule qui a été utilisée par les autorités dominicaines. D’autres pays de la région tels Sainte Lucie, Honduras et Porto Rico se sont impliqués dans le business de pétrole raffiné. Le galon de pétrole à la fin de juillet 2026 était autour de 3.93 dollars américains.

Haïti ne représente qu’un petit marché de moins de 10 millions de barils annuel et n’est pas attractif pour les grandes multinationales. En ce sens il revient au gouvernement et aux entrepreneurs d’adopter des dispositions dans l’intérêt national. M. Desroches a laissé entendre que la construction de centres de stockage permettra de réaliser des économies sur les coûts de stockage et de transport.

Ces coûts font partie de la structure des prix qui compte 17 éléments. En outre le taux moyen de change du dollar par rapport à la gourde influence grandement les prix des produits pétroliers. De l’avis de M. Desroches la construction de centres de stockage devrait être la priorité parce qu’elle permettra une prévisibilité des prix sur environ un trimestre. Une relative stabilité des prix des hydrocarbures sera bénéfique pour l’économie. Le carburant en tant que produit transversal a un impact direct sur les prix de tous les biens et services.

LLM / radio Métropole Haïti 

Publicité