Rodolphe Jaar, a avoué avoir aidé à financer et à planifier le complot contre le Président Moïse

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L’un des fugitifs dont la tête est  mise à prix par les autorités judiciaires haïtiennes, Rodolphe Jaar, a avoué avoir aidé à financer et à planifier le complot contre le président Jovenel Moïse.

Dans une longue interview accordée au New York Times dans un chantier de construction vide alors qu’il fuyait les autorités, Rodolphe Jaar, a affirmé qu’il était en contact constant avec Joseph Félix Badio.

Peu de temps avant l’assassinat, Rodolphe Jaar a confié à Joseph Félix Badio que le Dr Ariel Henry serait un allié utile après le renversement du président. « C’est mon bon ami, j’ai un contrôle total sur lui », a-t-il raconté alors qu’Ariel  Henry était nommé premier ministre.

Jaar et Badio sont restés en contact même après le meurtre. Après avoir piégé les colombiens, ils s’étaient adressés au premier ministre afin de s’échapper. M Henry avait répondu qu’il passerait quelques appels, selon New York Times qui n’a pas pu vérifier les dires de Rodolphe Jaar.

Selon lui, le plan initial n’était pas d’assassiner le prédisent Jovenel Moïse mais de l’évincer du pouvoir puis d’installer la juge Windelle Coq-Thélot au Palais National comme présidente provisoire. Un ordre de dernière minute a été donné à Félix Badio par le cerveau de l’opération, a-t-il souligné sans divulguer le nom du concerné.

Rodolphe Jaar a déclaré qu’il avait contribué pour environ 130 000 $ au plan, aidé à trouver les armes et fourni la maison à partir de laquelle 21 commandos colombiens se sont rendus à la résidence présidentielle peu après minuit.

Les responsables de la sécurité haïtienne ont déclaré que l’assaut contre la résidence présidentielle devait être mené par un groupe criminel appelé Phantom 509, qui est composé d’anciens et d’actuels policiers et a des liens politiques étroits.

Ils avaient rencontré un homme prétendant être un chef de ce groupe pour discuter de l’action, mais le gang s’est retiré environ une semaine avant le meurtre, pour des raisons qu’il a déclaré ne pas connaître. 

M. Jaar a affirmé qu’il ne savait pas pourquoi le plan d’arrestation de M. Moïse a changé, le président ayant été abattu de 12 balles dans sa chambre. Mais quelques minutes après le meurtre, M. Jaar a déclaré avoir reçu un appel téléphonique de Germán Rivera, le chef des mercenaires colombiens. « Le rat est tombé », lui a dit M. Rivera, en utilisant un nom de code péjoratif que les comploteurs avaient utilisé pour le président d’Haïti, synonyme de L : Le président est mort.