Un haut responsable de l’administration Bush met garde le Pouvoir et l’Opposition et explique la position américaine dans la crise en Haiti

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Le sous secrétaire d’Etat adjoint américain pour les Amériques, Lino Guttierez, fait une mise au point sur la question du gel de l’assistance internationale à Haïti. M. Guttierez a profité de la conférence du dialogue interaméricain sur Haïti et l’aide au développement pour mettre les points sur les I en martelant que les Etats-Unis n’ont pas imposé de sanctions ni d’embargo à Haïti. En clair, le diplomate américain voulait apporter un démenti aux informations en circulation dans les milieux proches du pouvoir selon lesquelles Haïti est sous sanction. « Il n’y a pas d’embargo et nous n’avons nullement l’intention de tourner le dos au gouvernement haïtien en dépit de nos divergences politiques » , a affirmé Lino Guttierez. Le représentant de l’administration Bush rappelle que le plus grand obstacle auquel Haïti fait face pour le moment est l’échec du gouvernement et de l’Opposition à conclure un accord qui leur permettrait d’aller de l’avant, par la rectification des irrégularités des élections et la résolution de l’impasse. L’un des objectifs des Etats-Unis, a-t-il souligné, est de voir Haïti pleinement démocratique, plus prospère et plus respectueuse des droits de l’homme.  » Si la démocratie est solide, le peuple pourra jouir de meilleures conditions de vie », estime Lino Guttierez qui évoque la nécessité d’un environnement plus propice aux investissements, d’une police nationale apolitique et travaillant en toute indépendance pour garantir la sécurité,d’une législature élue librement et de manière équitable pour balancer le pouvoir exécutif et d’une société dynamique y compris une presse indépendante. « Si Haïti est prospère et démocratique, elle servirait moins de moins source de trafic de drogue et de migration illégale qui posent actuellement une menace à la sécurité internationale », indique l’ambassadeur Guttierez qui a ,de plus, précisé que l’allègement des souffrances du peuple haïtien est canalisé par des ONG locales et internationales. Il a fait remarquer que les Etats-Unis ne sont pas les seuls à pratiquer cette politique à cause des failles qu’il dit constater au niveau du régime de Port-au-Prince en ce qui a trait à la drogue, la corruption, les élections et les droits humains. Pour M. Guttierez, le gouvernement d’Haïti est le seul responsable de la détérioration de l’économie haïtienne et de fait n’a de reproches qu’à adresser à lui seul. Le diplomate soutient que l’aide externe et les prêts seront toujours limités tant que le gouvernement n’adhère pas aux principes les plus élémentaires de bonne gestion. Tout en espérant se joindre au pays lors de la célébration du bicentenaire de l’Indépendance, le 1er janvier 2004, Lino Guttierez dit déplorer le fait que tout n’est pas au beau fixe en Haiti , l’un des pays les pauvres de l’hémisphère et peut être celui dont la démocratie est le plus perturbée, selon lui. Il ajoute que la corruption, le trafic des stupéfiants, les abus des droits humains, un autoritarisme croissant et une économie en déclin fragilisent davantage les institutions haïtiennes. Ce qui constitue, à ses yeux, un défi significatif pour le peuple haïtien et pour les amis d’Haïti dans cet hémisphère et ailleurs.  » En tant que président de la République, Jean Bertrand Aristide doit s’impliquer en premier dans la recherche d’une solution à la crise et les partis politiques de l’Opposition doivent se mettre au travail sérieusement. Il est grand temps pour les haïtiens de se mettre ensemble, dans un esprit de compromis, les partis doivent retourner à la table des négociations », exhorte l’adjoint du sous secrétaire d’Etat américain qui interpelle la bonne foi de l’Opposition pour qu’elle s’engage sur la voie des discussions. L’ambassadeur Guttierez prévient que des membres de la Convergence qui s’opposent aux négociations seront mis de côté et la grande majorité qui est en faveur de celles-ci ira de l’avant. » Aucun parti, ni équipe ne devrait mettre son véto à un accord raisonnable ». Il a aussi précisé qu’aucune entité que ce soit l’OEA, la CARICOM ou encore les Etats-Unis ne pourrait imposer la réconciliation nécessaire et seuls les haïtiens peuvent trouver une issue favorable à la tragédie haïtienne. Dans cette même intervention, Lino Guttierez avait exprimé la déception des Etats-Unis par rapport au manque de progrès en Haïti quelque huit ans après le retour du président Aristide . L’assistant secrétaire d’Etat adjoint souligne que les peuples américain et haïtien ont été réunis par des liens étroits durant deux siècles tant par leur proximité géographique que par leur désir commun d’indépendance.

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