Vers des discussions officielles sur le commerce illégal de café à la frontière

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Le ministre de l’Agriculture souligne la complexité du commerce illégal du café entre Haïti et la République Dominicaine. Interrogé sur ce dossier brûlant par Radio Métropole, Philippe Mathieu annonce l’adoption de certaines mesures pour palier ce problème dans les semaines qui suivent. M. Mathieu fait état de discussions prochaines avec des responsables dominicains autour de certaines restrictions à imposer au commerce d’un produit sensible comme le café qui est l’un des principaux produits d’exportation du pays. Dans cette interview accordée, le jeudi 10 février 2005, le ministre de l’Agriculture a mis en exergue l’important trafic informel régnant à la frontière. Ce trafic ne concerne pas uniquement le café mais d’autres produits tels le riz importé de la Floride. Selon les données disponibles en 2001, le ministre Mathieu a indiqué que Haïti a exporté informellement pour 13 millions de dollars américains en République Dominicaine. Des coopératives agricoles de plusieurs régions du pays dénoncent la poursuite du commerce illégal de café à la frontière haitiano-dominicaine. La Fédération Luthérienne mondiale dont la représentation à Thiote travaille avec ces organisations supporte la campagne de dénonciation lancée par les agents du secteur. Cette ONG par la voix de l’agronome Béal Joseph a mis l’accent sur les conséquences du commerce illégal sur la production caféière en Haïti. Le technicien fait état notamment de la réduction des activités des producteurs non impliqués dans le trafic, ce qui diminue la production caféière à l’échelle du pays. De plus, l’Etat fait face à un important manque à gagner. L’ambassadeur dominicain en Haïti, Jose Serrulle, s’est dit conscient des difficultés et annonce pour bientôt une réunion entre les secteurs concernés des deux pays.

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